mardi 12 décembre 2017

L'HISTOIRE DE L'ÉCOLE CANADA ET DES RELIGIEUSES.

ÉCOLE CANADA


IMPLICATION DES SŒURS NDPS AU NIGER


C'est ma sixième année à l'école Canada à Niamey au Niger.  Pendant mon séjour, je partage la vie de ces religieuses car j’habite avec eux.

Voici une courte histoire des religieuses en terre africaine du Niger.

Les religieuses sont arrivées en 1958. En 1960, ils ont fondé une école primaire et une école secondaire à Niamey, capitale du Niger. Leur objectif a toujours été le même : aider les élèves à vivre les valeurs humaines et les former à une conscience professionnelle. Aujourd’hui, ils s’occupent seulement de l’école primaire de plus de 1000 élèves. Les jeunes religieuses sont aussi actives dans la pastorale jeunesse. La fin de semaine, elles travaillent dans les paroisses environnantes. Au Niger,  les activités pour la catéchèse  sont toujours la fin de semaine, jamais la semaine.

Il est important de mentionner que les religieuses vivent dans un pays musulman. Il n’y a que 2 % de la population qui sont des chrétiens. Ici, on ne connaît pas les neuvaines qui sont populaires au Québec comme celle de Sainte-Anne. Par contre, il y a d’autres manifestations religieuses où se retrouvent les religieuses.

1.   neuvaine du Perpétuel Secours qui finit le 27 juin (prière chaque soir à la cathédrale, conférence sur l’icône, spectacle de musique religieuse)

2.   La grande marche du carême qui regroupe les jeunes de Niamey. Ici, on considère que c’est une action de mortification pour Dieu.

3.   Les chemins de croix qui sont faits tous les vendredis du carême dans chaque paroisse. Ils regroupent une grande partie des paroissiens.


Ici, dans ce pays musulman, ce sont les petits gestes quotidiens de ces religieuses qui  laissent des traces d’humanité à travers ce peuple. Même si ce sont des sœurs africaines,  elles sont des étrangères. Elles ne sont pas dans leurs pays d’origine. Chaque jour est un  défi pour semer la parole de Dieu dans la discrétion et le respect des coutumes nigériennes.  

Voici un court résumé de la vie religieuse au Niger.



jeudi 7 décembre 2017

LES DÉCOUVERTES DU CONTAINER

DES BOÎTES ET DES BOÎTES


Les découvertes du container

J’ai eu la chance de travailler avec l’organisme Santé International pour compléter  le container et  faire  l’envoi au Niger. Même avec toutes mes boîtes de livres, il restait de la place. Alors, ils m’ont demandé ce que j’avais besoin là-bas.  Je voulais avoir deux grandes tables avec des chaises pour placer au centre de la bibliothèque. Puis j’avais besoin d’un chariot pour la réception des livres. Même avec ces ajouts, le container avait encore de l’espace libre. Alors,  ils ont  envoyé des caisses et des caisses de surprises. Les voici :

10 caisses de coussins à thème nautique de marque Simons.( oui, oui 10 caisses d’environ 10 cousins chaque)
1 caisse de caleçons pour homme. Ils sont neufs et la caisse est grosse. ( On a bien rigolé)
6 caisses de petites couvertures tricotées pour bébé.
Quelques caisses de couvertures pour petit lit simple, style courtepointe faites au tricot
Quelques caisses de vêtements pour bébé faits en tricot
Une caisse de t-shirts pour adultes tous pareils
2 caisses de t-shirts pour enfants
Des rideaux, des couvertures de bébés en coton
Des étuis à crayons
Des caisses de crayons de couleurs
Des caisses de cartables
Des dictionnaires
2 caisses de vêtements de tous âges
1 caisse de petits gilets faits au tricot pour garçons
Des caisses de savons
Des caisses de biscuits
Des petits jouets
Des sacs à dos

Nous n’avons pas vidé les caisses. C’est seulement le dessus que nous avons vérifié. Aurons-nous d'autres surprises?

lundi 4 décembre 2017

ESCAPADE DANS LES DUNES

les enfants sous le bosquet


À 50 kilomètres du centre de Niamey, on retrouve des dunes de sable.  Nous ne sommes pas dans le désert du Sahara mais cela y ressemble. En route, je vois un village constitué de maisons d’argile. À l’extérieur, des feux sont installés pour faire la cuisine.

À notre arrivée, c’est du sable à perte de vue. Je  vois un fleuve de sable qui chaque année redevient pour quelques semaines, un fleuve d’eau. Les Peuls y vivent dans ces dunes depuis des décennies.

Grâce au camion, nous sommes un peu à l’abri du soleil. Mes amis ont préparé un petit goûter.  On mange tout en parlant  de la vie dans le désert. Puis on voit arriver un groupe d’enfants de 3 à 10 ans environ. Ils ont faim. Mes amis sont habitués de donner le reste de leur nourriture. Ils font signe à la plus aînée du groupe et elle s’approche pour prendre la nourriture. Elle installe le groupe d’enfants à l’ombre d’un petit bosquet pour essayer de les protéger du soleil et fait la distribution. Pas d’ustensile ni d’assiette, le tout est  sur un papier.
C’est la vie de ces enfants. Ils ne vont pas à l’école.  Ils sont à la recherche de la générosité des visiteurs de ces dunes.                    


mercredi 29 novembre 2017

APPRENDRE À LIRE ET À ÉCRIRE


UNE CLASSE DE
PREMIÈRE ANNÉE

APPRENDRE  À  LIRE  ET  À  COMPTER 

C’est un beau matin. Il est 8 heures. Mes 84 élèves arrivent en classe. Je sais déjà que certains élèves n’ont pas leur livre de lecture car  il a disparu. Je sais aussi que plusieurs livres sont incomplets car ils ont perdu des pages dans la passation entre membres de la même famille.  Mais la vie continue.

Cette semaine, je vais leur donner des crayons pour leur faire plaisir. Puis après, je  commence l’écriture attachée du e et du x. Encore, il y aura des enfants qui n’auront pas d’ardoise ou pas de craie. Tous les matins, c’est la même chose. Puis je fais  la lecture. Avec la titulaire, on essaie de faire lire tout le monde. Mais ce n’est pas toujours possible. On doit mesurer le temps. Il y a tellement de choses à voir.

Puis le midi arrive. L’électricité vient d’être coupée.  Alors, on sait que l’après-midi va être difficile. Pas de ventilateur…84 enfants…chaleur extérieure 30 degrés…chaleur intérieure ??

Conclusion : ce n’est pas aujourd’hui qu’on va  commencer un nouvel  apprentissage en mathématiques…

dimanche 5 novembre 2017

La bibliothèque à Saga






Je reçois fréquemment des questions sur le projet de la bibliothèque en Afrique. Voici donc un résumé de cette aventure qui connaîtra son dénouement bientôt. C’est en 2016 que j’ai eu l’idée d’implanter une bibliothèque dans une paroisse chrétienne située à Niamey, une ville où j’enseigne trois mois par année. Comme l’archevêché s’apprêtait à construire un bâtiment attenant à l’église, il s’agissait d’une occasion en or pour y installer une bibliothèque. Afin que le local de la bibliothèque puisse être utilisé pour d’autres activités (la catéchèse, entre autres), on a choisi un aménagement où les rayonnages seraient disposés le long des murs. Des rideaux permettraient de cacher les rayonnages pendant les moments où elle serait fermée. Grâce à l’aide de centaines de personnes, nous avons réussi à amasser près de 10 000 livres, des tables et des chaises. Des dons d’ordre financier, notamment un don privé, une subvention de Secours Tiers Monde et l’aide de Santé internationale pour envoyer un conteneur à Niamey. En novembre 2016, le conteneur partait du Port de Montréal pour arriver au Niger deux mois plus tard. Comme j’étais sur place, je prévoyais installer ma bibliothèque pendant mon séjour. Malheureusement, le conteneur est arrivé seulement  sur l’emplacement prévu au mois d’avril. Cela a pris presque trois mois de négociations pour dédouaner le conteneur sans que cela nous coûte une fortune.  Quelle saga ! Alors que nous attendions les livres, la construction du bâtiment a été suspendue en raison d’un manque de financement. Grâce à Secours Tiers Monde, nous avons réussi à contribuer financièrement afin de terminer le bâtiment. Actuellement, le toit est presque terminé. Le bois est acheté, mais la construction n’a pas repris. J’ai donc profité de mon séjour pour ouvrir le conteneur et commencer à trier les boîtes. Il y avait assez de livres pour ouvrir deux bibliothèques ! J’avais envisagé d’en ouvrir une seconde dans une autre paroisse de la capitale, mais le curé en place a été transféré en France. Heureusement, j’ai trouvé tout de suite preneur dans un autre village. Un ami professeur, qui connaissait mon projet de bibliothèque, m’avait déjà contacté pour me demander si je ne pouvais pas lui envoyer quelques caisses de livres pour son village. Des étudiants universitaires essayaient de démarrer un projet de bibliothèque. J’ai donc envoyé, dans la brousse, 3 000 livres.
 Alors que les travaux de construction n’avançaient guère, j’ai réalisé qu’il serait possible de transformer le conteneur en bibliothèque. Pendant mon absence, des amis s’occupent des travaux. L’électricité a été installée. J’ai des fenêtres et une porte.  Surélevé sur des piliers, le conteneur évitera aussi les problèmes de dégâts d’eau. Dans deux semaines, je serai sur place.  À ce moment-là, le conteneur sera prêt à recevoir les modules de rangement. Si tout se passe bien, l’ouverture se fera dès le  1er décembre.Les livres ne seront peut-être pas tous sur les rayons, mais les habitants pourront quand même commencer à emprunter des livres. C’est ça, l’important ! Un jour, quand le bâtiment sera fini, je terminerai l’installation.  Une fois déménagés dans ses locaux permanents, nous pourrons l’utiliser pour les cours de musique et d’arts. C’est mon souhait qu’un jour, j’aurais des petits-enfants qui prendront la relève. Qui sait ? Émile, Joséphine, Philémon, Kelly-Anne, Anthony, Xavier ou Rose, qui est partant ?